*Il y a peu de temps j'ai fait un rêve. Un rêve étrange. Un mélange de Thomas N., de M. Lobry, de l'année prochaine. Étrange. Dans ce rêve, je découvrais ma classe de mathématiques. J'étais à côté de Thomas. Il se retourne et me lance un regarde perçant. Marianne glousse. Je sors de la classe de mathématiques et j'arrive au cours de sport. J'en sors avec Thomas. Lui se dirige directement vers Florian M. et Kévin M., rage de ma part. De dépit je rejoins en hâte Séverine, Alice et Audrey qui passaient. Je pars me promener dans la campagne environnante au lycée pour me sortir Thomas de la tête. Je marche dans les montagnes, aperçois des maisons typiques de la région montagnarde. Je croise des jeunes filles qui rigolent. Fin.
*Il y a peu de temps j'ai fait un rêve. Un rêve morbide. Un mélange d'Alice T., de moi-même, de gens du lycée, de la mort. Morbide. Dans ce rêve, je me sentais mal. Alice n'était plus. Je n'avais pas vu son corps, mais je savais qu'elle ne vivait plus. J'étais le seul à le savoir, je devais divulguer la nouvelle. Je la voyais flotter dans les airs, les yeux noirs. Telle une aura malfaisante. Je pleurais, les gens autour de moi pleuraient. Et je répétais inlassablement : « Vous savez ce qui s'est passé ? » Pause interminable. « Non ? » Désolation, désespoir, désillusions. « Alice est morte. » Je n'étais plus un homme. J'étais devenu une fontaine. Fin.
* Il y a relativement longtemps j'ai fait un rêve. Un rêve terrible. Un mélange d'Alice T., de moi-même, de sa famille, de la mort. Terrible. Dans ce rêve, l'équilibre de la vie n'était qu'un rayon lumineux éphémère. Encore un mort dans sa famille. Pas n'importe lequel. Sa mère. J'étais son pilier face à l'abandon de la vie. Tous deux étions unis dans le désespoir. Nos divagations nous menèrent jusqu'au salon où son père était comme à son habitude affalé devant la télévision, inerte à notre douleur et à la réalité qui nous entourait. Fin.
*Il y a peu de temps j'ai fait un rêve. Un rêve bizarre. Un mélange de Mme Lefebvre, de moi-même, d'une maison qui m'est familière sans la connaître, d'une relation qui n'existera jamais. Bizarre. Elle était là avec son bébé, dans une pièce de la maison. Une pièce de la maison éclairée aux néons, nous avions un teint cireux. Mais nous étions heureux, bizarrement. Nous avions une réelle complicité. Son enfant riait, elle était décontractée. Soudain, elle me dit : « Mais tu n'es plus avec Thomas (N.) ? » Elle parlait d'une relation plus qu'amicale. Paradoxalement, malgré ce sujet tabou et controversé, je ne le pris pas mal. Je répondis : « Non, non. Il était juste venu une fois en cours d'euro, mais nous sommes juste amis. » Attente. Réponse. « Ah, d'accord. » Sourire confiant. Fin.
*Il y a longtemps j'ai fait un rêve. J'étais mort. J'étais heureux. Dans une belle église qui ressemblait à s'y méprendre comme deux gouttes d'eau à l'église St Michel. Les gens étaient en noir. Je ne distinguais personne en particulier. Je ressentais leur peine ; je ressentais mon immense joie. Un grand cercueil noir avec une composition florale rouge flamboyante dominait la nef. Il ne faisait aucun doute que c'était le mien. Le curé, dominant par son insignifiante action du mouvement de croix, se tenait devant le cercueil. Mon cercueil. Pourquoi étais-je heureux ? Parce qu'à côté du curé se trouvait le plus extraordinaire cadeau qu'on puisse me faire. Ma grand-mère. Translucide et fantomatique comme je l'étais, elle me tendait une main pleine de promesses. Son sourire timide et lointain voulait en dire beaucoup plus qu'il ne laissait y paraître. Je souriais, avança ma main pour prendre la sienne. Fin.
*Il y a un moment dans la vie où l'on veut faire l'impasse sur beaucoup de sujets. Un moment décisif. Un mélange d'histoires d'amours, d'amitiés, de oui, de non, de peut-être, de je ne veux pas, de pourquoi pas, de je suis vivant, de je suis mort. Décisif. Un moment qui te fait prendre conscience que certaines personnes ne sont pas les bonnes ; elles osent remettre en question certaines de tes amitiés ; elles ne nous comprennent pas, nous demandent d'être tout beau tout propre, d'aller toujours bien ; elles te parlent de « bg » mais ne trouvent pas de copains ; elles t'agressent parce que tu n'adoptes pas leur point de vue ; elles se proclament tes « amis ». Un moment où tu te dis « Mais, elle je l'aime. Je veux l'épouser. Pourquoi attendre 37ans et demi ? ». Un moment où tu te dis « Qu'est-ce que je fiche encore là ». Un moment où tu te dis « Est-ce qu'une amitié qui ne fonctionne que dans un sens et qui est autodestructrice en vaut la peine ? ». Un moment où tu doutes. Un moment où tu sais qu'il faudra choisir.
Dois-je vraiment prendre la main de ma grand-mère ? Fin.


